Réflexions sur les temps qui courent peut-être

Sunday, June 14, 2009

Un colloque sur l'enfance maltraitée

Une amie me demande de prévenir de l'existence de ce colloque qui lui tient à cœur. Voici donc :

Prévention des violences intrafamiliales,
vers la grande cause nationale en 2010 ?
Législations comparées en France et en Europe





Sous le patronage de M. Terry Davis, Secrétaire Général du Conseil de l’Europe
Avec le parrainage de Madame Michèle Alliot-Marie, Ministre de l’Intérieur et de l’Outre-mer, de Madame Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé et des Sports,

ainsi que de Maryse Wolinski, journaliste et écrivain.
Avec le soutien de la Région Ile de France



Pour recevoir le programme du colloque au Sénat et s’inscrire (35 Euros) ou pour réserver votre Passeport complet « pièce + colloque » (53 Euros) : ladies.worldwide@laposte.net
Attention : pour des raisons de sécurité, l’entrée au Sénat est nominative, sur inscriptions à l’avance et sur présentation d’une pièce d’identité.



Avant-programme provisoire résumé


(D'autres intervenants pressentis vont nous donner leur réponse, ce programme pourra évoluer au fil du temps).




Samedi 27 juin, matin




9H – Ouverture par la personnalité invitante : M. Philippe Richert, Sénateur du Bas Rhin et Questeur du Sénat.

9H15- Présentation générale de la problématique par Me Laurent Hincker, avocat à Strasbourg et Paris, Président de L’Atelier Européen.



Présentation des 25 associations partenaires par Soria Soria, coach certifiée, journaliste, écrivain, Secrétaire Générale de L’Atelier Européen et Sandrine Porcher, présidente de l'AVIP (Aide aux victimes de violences psychologiques).
L’Atelier Européen, pilote du projet est en partenariat avec les 24 associations suivantes pour le colloque et la pièce de théâtre associée : Ladies Worldwide International Network, AVIP (Aide aux victimes de violences psychologiques), le CFVI (Collectif français des victimes de l’inceste), Femmes 3 000, Club Image, Girls@Work, No Human Toys, LéO & LéA contre l’inconcevable, AVPE, Association pour la protection de l’enfance, Vaincre le silence, Lagoon, SEMAFORCE (SOS Enfants Mamans Force), SOS Les Mamans, SOS Inceste pour revivre (Eva Thomas), Institut pour la Justice (association initiatrice de la pétition à 150 000 signatures sur les dysfonctionnements de la Justice des victimes en France), Le Soleil Blanc, ADCHM (Yvonne Poncet-Bonissol), L’Enfant d’abord, ENDIS 911, Aquero, Association Caldeira, Sophia Théâtre et Innocence en Danger, ONG mondiale de protection de l’enfance reconnue par l’ONU.


Intervention de Madame Michèle Alliot-Marie, Ministre de l’Intérieur et de l'Outre-mer (sous réserves de sa disponibilité) ou de l'un de ses représentants.

9H30 – Table ronde : Harcèlement moral et violences dans le milieu familial, bilan et perspectives.



Interventions de :



- Dr Geneviève Reichert-Pagnard, psychiatre, psychanalyste et victimologue, auteur de l'ouvrage de référence "Crimes impunis, Néonta ou l'histoire d'un amour manipulé" chez Prime Fluo Editions (http://www.primefluo-editions.com/ ) : portrait du manipulateur destructeur dans le couple.


- Yvonne Poncet-Bonissol, psychologue clinicienne et psychanalyste, écrivain, présidente de l'ADCHM (Association de défense contre le harcèlement moral): le harcèlement moral dans le milieu familial.


- René Vogel, directeur de l'association Regain : les enfants témoins de violences conjugales, enjeux et répercussions (de nouveaux travaux, pionniers en France).


- Nadine Grandjean, conseillère conjugale, cabinet Raphaël : l'expérience du terrain, peut-on négocier avec un pervers narcissique lors d'une séance de conseil conjugal ?


- Un Juge aux Affaires Familiales (JAF) : le pervers narcissique face à la Justice dans les séparations parentales conflictuelles.




- Me Laurent Hincker, président de L'Atelier Européen : violences psychologiques dans le milieu familial, comparaison des législations en France et en Europe.




- Sous réserves : un responsable des questions concernant la famille au Conseil de l'Europe, un député français de la mission d'étude parlementaire sur les violences conjugales (réforme de la loi de 2006).




Animation de la table ronde : Marie-France Chatin, journaliste à Radio France International.




Débat avec la salle.




Déjeuner libre




Samedi 27 juin après-midi

Et les enfants dans tout cela ? Syndrome de l'alinéation parentale (SAP), expertises et Justice.


14H- La prévention des abus sexuels et des enlèvements d'enfants : M. Fournier, président de l’association ENDIS 911, réalisation et distribution de fascicules de prévention dans les écoles sous forme de bande dessinée interactive, en collaboration avec le ROTARY CLUB et GLENAT PRODUCTION. Parrainé par le Ministère de l’Education Nationale.

14H15 - Présentation générale de la problématique par Me Laurent Hincker.



Intervention de Homayra Sellier, présidente d’Innocence En Danger : les abus sur les enfants, un enjeu de santé publique.



Intervention de Madame Roselyne Bachelot-Narquin, Ministre de la Santé et des Sports (sous réserves de sa disponibilité) ou de l'un de ses représentants.




15H - Paroles de victimes : des adultes, victimes d'inceste dans leur enfance, témoignent.




15H30 - Table ronde SAP, expertises et Justice, avec les interventions de :


- Christel Petit-Collin, psychothérapeute et écrivain : comment se défendre en Justice face à un manipulateur qui veut obtenir la garde exclusive de ses enfants pour profaner l'innocence ?



- Dr Traube, psychiatre suisse, membre d'Innocence En Danger : le Syndrome de l'aliénation parentale, dogme ou réalité ? Théorie et expérience clinique.




- Un criminologue de l'Institut pour la Justice : le traitement pénal des agressions sexuelles sur mineurs et de l'inceste en Justice, faits et chiffres.




- Françoise Storz, anthropologue et travailleuse sociale : l'interdit de l'inceste, de Levi-Strauss à nos jours, pourquoi notre société ne parvient-elle pas à résoudre les cas d'inceste en Justice ? (le comité scientifique du colloque a demandé à Madame Storz de porter à ce sujet sur notre société française un regard objectif et distancié d'anthropologue, comme si nous étions une peuplade étrangère et qu'elle nous observe...).




- Cynthia Fleury, philosophe et enseignant chercheur : violences sur les enfants, les enjeux philosophiques.




- Serge Garde, journaliste et écrivain, auteur du livre "Enquête sur une société qui consomme des enfants" : pédocriminalité et inceste, la complaisance de la société française.




- Un Juge des Enfants témoigne de son expérience quotidienne.




- Sous réserves : un responsable du Traité international du Conseil de l'Europe sur les Abus sexuels envers les enfants, un pédopsychiatre.




Modérateur : Sandrine Porcher, présidente de l'AVIP, chef d'entreprise, psychologue et conseiller prud'homal.


17H- Débat avec la salle.


18H - Synthèse juridique : les juristes, les parlementaires, les psychiatres et les responsables associatifs, qui sont déjà intervenus au cours du colloque, donnent chacun une ou deux propositions phare de réforme concrète ou des pistes de recherche.

Propositions concrètes d’orientations pour une réforme des lois françaises sur les violences conjugales et les abus sur les enfants, car les deux sujets sont reliés.

Cette synthèse, à laquelle participe la salle, donnera lieu à la publication d’un LIVRE BLANC diffusé aux médias et aux pouvoirs publics, dans l’optique de la création d’un Observatoire Européen indépendant sur les violences intra-familiales.

Modérateurs : Sandrine Porcher, conseiller prudhommal, présidente des Ladies et de Femmes 3000 Rhône Alpes, présidente de l’AVIP et Me Laurent Hincker.


19H - Clôture par Me Laurent Hincker.

Repris de :
http://veritelibre.blogspot.com/2009/04/programme-du-colloque-au-senat-le-27.html


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Tuesday, June 09, 2009

Impressions de Razès

Ce qui m'a le plus frappée lors de ce voyage de quelques jours en Razès, c'est la verdeur. L'herbe de ce pays sec n'a pas commencé de jaunir et les fleurs poussent à profusion tout comme les fougères sur les pentes qui mènent au pech de Bugarach. J'ai connu des mois de juin plus râpés dans ma Bourgogne natale.

Rennes-les-Bains : un village qui meurt. Toutes les maisons offrent des chambres d'hôtes – mais l'on trouve à loger à l'Hôtel de France sans avoir retenu. L'épicerie fait dépôt de presse mais on n'y trouve ni piles ni bloc pour écrire. S'il n'y avait les passionnés de l'abbé Boudet et quelques randonneurs, de quoi vivraient les gens ? L'agriculture se réduit à presque rien, un peu d'élevage pour la gastronomie. On a du mal à imaginer que ce fut une ville d'eaux courue avec des messieurs en frac et des dames en robe à tournure, des calèches et des mondanités. L'église est fermée, le cimetière terriblement banal. La tombe de l'abbé Jean Vié se délite doucement, celle du vicomte de Fleury, reconstituée à partir de ses deux monuments, fait piètre figure et bientôt l'on ne lira plus les inscriptions qui s'écaillent. Il en est quelques autres des débuts du XXe siècle que Gérard de Sède n'a pas utilisées dans son jeu de piste – sans doute lui semblaient-elles trop tardives malgré leurs décors floraux.
Les eaux n'ont pas du perdre leurs qualités médicinales ; d'où vient que l'activité de cure ait cessé ? Diktat de la Sécu qui répugne de plus en plus à les rembourser, pressions des grandes firmes pharmaceutiques auprès des médecins en faveur des molécules de synthèse, des gélules et des pilules ? Concurrence de la thalasso ? Allez savoir !
L'église est fermée et c'est exceptionnel, semble-t-il, qu'on y dise encore la messe. Les horaires affichés sur la porte renvoient les paroissiens le plus souvent vers Couiza si ce n'est Quillan. Les prêtres romains d'aujourd'hui ressemblent à ceux du IVe siècle qui vivaient en communauté autour de leur évêque et couvraient ou non de vastes terroirs ruraux en plus des villes. Mais quand chaque village avait son curé, au fond, quel était leur travail ? La messe du dimanche avec confessions et vêpres le samedi, une douzaine de mariages à l'an et autant d'enterrements ou de baptêmes. Et le reste du temps ? Rien d'étonnant, avec tant de loisirs, que beaucoup d'entre eux se soient piqués d'érudition, de recherches historiques ou se soient entichés du magnétisme animal et surtout du somnambulisme lucide, de botanique, d'entomologie, d'archéologie. Dans ce contexte, la Vraie Langue Celtique de Boudet ne fait pas tache. Quelles furent les marottes de Jean Vié ? Celles de Saunière au delà de la rumeur de trésor ? A quoi rêvait un curé de campagne ?

Bugarach. Il pleut, il fait froid comme en montagne « du nord », les nuages viennent voiler le roc. Il aurait fallu m'habiller en randonneuse, pas en conférencière, mais baste ! Le colloque de l'ARTBS ne manque pas d'intérêt, simplement de « couloirs » où échanger plus librement, merci la pluie. Je me sens très « pièce rapportée » dans ce milieu castelrennais où tous se connaissent. Et, comme toujours, pas assez de temps pour développer une thématique complexe. Mais il y a la montagne, le pech, présence incontournable comme un appel. Montagne à légendes, habitée de puissances plus archaïques que la tragédie grecque ou l'humour celte. Le rencontrer par un ciel d'orage avant de le voir illuminé, transfiguré par le soleil couchant fut sans doute un privilège : la montagne par beau temps trompe son monde, par mauvais temps raconte ses légendes, ses maléfices et ses élémentaux.

Rennes-le-Château, juste une halte pour un repas en commun, le dernier de ce week-end. Le paysage toujours à couper le souffle. L'église se dégrade de jour en jour, les lieux sauniéresques sont presque inaccessibles mais le village s'enrichit de boutiques « d'art » façon Couvertoirade ou Cité de Carcassonne. On distille aux touristes du Saunière et du trésor au compte-gouttes, à peine de quoi faire rêver, et l'on titille leurs envies de consommateurs. La belle histoire se transforme doucettement en mémoire hameçon – mais où sont les conteurs d'antan ?

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Sunday, May 03, 2009

Coup de colère à Saint-Sulpice

Je me trouvais hier dans l'église Saint-Sulpice à Paris. La façade de Servandoni – partie la plus laide à mon sens – est en réfection. Tant mieux. Il faut dire qu'elle menaçait depuis 1999 de tomber par morceaux sur la tête des passants et que ça fait désordre. Mais une fois à l'intérieur, on ne peut qu'osciller entre tristesse et colère. En dehors des peintures de Delacroix et de celles d'Abel de Pujols consacrées à la vie de saint Roch qui ont été nettoyées et sont à peu près correctement éclairées, les autres chapelles restent plongées dans l'obscurité, de larges pans des fresques s'écaillent et l'enduit même qui les soutient disparaît. Le site officiel de la paroisse reflète cet abandon.

http://www.paroisse-saint-sulpice-paris.org/visite.aspx

Il mentionne comme « intéressants » la nef, « avec la chaire et l'autel », le gnomon dit aussi méridienne et que les ignares prennent pour un méridien matérialisé, la chapelle de la Vierge tout au fond, « avec une statue de Jean-Baptiste Pigalle, la sacristie et ses boiseries Louis XV, les peintures de Delacroix et le grand orgue de Cavaillé-Coll. Foin du reste ! Un Signol, un Emile Bin, c'est de la « peinture académique », n'est-ce pas, avec tout le mépris dont les cuistres de notre temps sont capables dès qu'il est question du XIXe siècle, surtout du second empire.

Wikipedia, plus ouverte, signale au moins les fresques de Victor Mottez, un élève d'Ingres, consacrées à saint Martin, les quatre Signol du transept et le décor de la chapelle de Saint-François-Xavier, peint en 1859 par Jacques-Emile Lafon. Il cite aussi Pigalle pour les bénitiers qui nous feraient croire Paris en bord de mer. Faut-il ajouter que Maurice Denis considérait « inoubliables » les fresques de Mottez à Saint-Sulpice ? Seule la couche de crasse qui les recouvre aujourd'hui reste dans la mémoire du visiteur, si même il les a remarquées.

Toutes ces fresques, et j'en oublie, furent des commandes d'Etat dans le cadre du concordat. Elles devinrent plus encore ses « pupilles » lors de la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Qui donc a sculpté la pietà ? Dans celle des sacristies qui ne se visite pas, il y aurait des tableaux du XVIIe et du XVIIIe siècle. Au moins ne risquent-ils pas trop de s'abîmer dans une pièce sèche et close. Mais le baiser de Judas de Signol que je retrouve à chaque fois plus écaillé dans les hauteurs ? Mais les vitraux dont les verres peints se brisent et qu'on remplace par de la vitre de bazar ?

Cette église a vu passer sous ses voûtes saint François de Sales, saint Vincent de Paul et sa disciple Louise de Marillac, Louis-Marie Grignon de Montfort, Jean Eudes et tant d'autres. Le séminaire créé par Olier a connu un rayonnement mondial. Dans son Journal de guerre, Ernst Jünger en parle à plusieurs reprises pour dire son étonnement devant la qualité du lieu, sa capacité à porter la prière et le mystère profond de l'être.

Qu'on ne me dise pas qu'elle n'est pas classée ! Alors que font les Monuments Historiques ? Pourquoi exposer de temps à autre des œuvres contemporaines discutables, ce qui coûte cher en général, si c'est pour laisser se détruire le patrimoine existant ? A quoi utilise-t-on nos impôts si l'on n'est pas fichu de faire au moins les interventions d'urgence ?

Vous avez dit coup de colère ?

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Monday, April 20, 2009

Salon du livre de Genève

Reçu des éditions Xénia :

Les éditions Xenia seront présentes au Salon du Livre de Genève 2009 avec des auteurs et des publications qui ont largement contribué à l'actualité du livre en Suisse et au-delà durant l'année écoulée.
Ce sera aussi l'occasion de présenter les deux nouveautés du mois: le très attendu
Alcatraz numérique
de Sébastien Fanti ainsi que le livre surprenant et dévastateur de Gabriel Fuchs,
La Comédie du Management.

Stand Xenia: E 721-zone 10 (diffusion OLF)
.
Des invitations sont encore disponibles en nombre limité. Pour les obtenir, il suffit de nous écrire (info@editions-xenia.com) ou de nous appeler (+41 21 921 85 05).



Donc, si j'ai des lecteurs suisses ou frontaliers, je ne saurais trop leur suggérer de se rendre sur ce stand.

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Sunday, March 29, 2009

Des bandes d'adolescents et de leur bon usage

Après les violences du lycée de Gagny, notre présidenticule eut une idée aussi géniale que médiatique : une loi qui punirait de trois ans de prison l'appartenance à une bande créée dans l'intention de nuire aux biens et aux personnes. Bravo ! Mes amis avocats apprécieront les belles occasions de plaidoirie que cette mesure ne manquera pas de leur offrir. La preuve juridique de l'appartenance à un groupe informel et celle des buts qu'une telle association poursuit promet de superbes empoignades juridiques et l'on peut déjà subodorer qu'une institution au moins en France ne sera pas touchée par le chômage : la cour de cassation. Je commente peu l'actualité dans ce blog mais il arrive qu'un excès de bêtise me fasse sortir de mes gonds. Que Nicolas Sarkozy compense sa petite taille par une enflure d'égo qui confine au gigantisme, qu'il se ridiculise autant qu'il communique, c'est son problème et la France en a supporté d'autres sans se disloquer ; ce n'est pas ce qui provoque mon ire. Pour la politique quotidienne, voilà bien longtemps que je ne me reconnais que dans le Parti d'en rire fondé par l'immortel Pierre Dac. Non, c'est sur le fond que le bât blesse, la criminalisation de l'appartenance à une bande. Il existait déjà tout un arsenal législatif visant le crime organisé, arsenal que l'on pouvait ressortir du placard pour les mafias contemporaines. Un nouveau texte ne s'imposait guère dans la lutte contre les violences urbaines.

Les bandes de jeunes mâles semblent un phénomène universel, transculturel en tout cas, attesté dès la plus haute antiquité. Sans doute remonte-t-il à l'invention de la chasse en groupe par homo erectus, précédant même notre humanité. La plupart des civilisations l'ont reconnu, encadré, lui ont trouvé quelque utilité en général guerrière, parfois idéologique comme les gardes rouges de Mao, en ont fait un rite de passage ou lui ont donné une structure éducative, pensons au scoutisme de Baden Powell. Cela dure quelques années jusqu'à ce que les jeunes gens se marient et prennent leur place dans le monde adulte. Le phénomène, de plus, semble exclusivement mâle. Si une fille se mêle à une bande, c'est qu'elle la commande. Mâle et hiérarchisé. On retrouve toujours une structure de type militaire : un chef, ses adjoints et la piétaille. A se demander si ce n'est pas un vieux reste de socialisation animale qui revient temporairement avec la puberté des garçons.
Une de ces bandes de jeunes mâles trouve place dans la mythologie de l'Inde védique : ce sont les Marut dont le nom signifie « brillants, immortels », fils du taureau Rudra, puissance de la tempête qui rugit et dévaste le monde, et de la vache Prishni selon la plupart des variantes, compagnons d'Indra. Dans une version du Mahâbhârata, leurs noms témoignent d'un humour certain, peut-être aussi d'une bonne connaissance des sobriquets que se donnent les jeunes puisqu'ils se nomment Mrigavyadha, Tueur de Biches, Sarpa, Serpent, Nirriti, Malchance, Ajaekapada, Bouc à un seul pied, Ahirbhudnya, Serpent de mer, Pinakin, Archer, Dahana, Incendiaire, Ishvara, Seigneur, Kapali, Porteur de crânes, Sthanum, Arbre sec et Bhaga, Fortuné. Lucien Febvre, dans un compte-rendu pour les Annales (1951, vol 6 n°3) d'un article de Dumézil, « Les Archanges de Zoroastre et les rois romains de Cicéron », décrit Indra comme la force brute « d'où résulte victoire, butin, puissance » et poursuit : « Un brillant et bruyant cortège, celui des Marut, est la projection mythique dans l'atmosphère de ces sociétés de jeunes guerriers dont nous connaissons l'existence réelle dans le monde indo-iranien. »
On retrouve ces sociétés de jeunes guerriers chez les Burnyas de Nouvelle-Guinée où ils deviennent les « chiens » d'un héros magique, l'aoulatta, comme chez les Indiens des Plaines, Cheyennes, Arapahos, Lakotas ou Pieds-Noirs. Curieusement, chez les Cheyennes, la plus célèbre des sociétés de jeunes guerriers était celle des Hotaminio, ce qui signifie soldats chiens. Et comment ne pas penser alors à Cuchulain, le Chien de Culan, héros par excellence de la mythologie irlandaise ? Pourquoi les chiens, même si nous comprenons bien qu'il s'agit de ces bêtes hargneuses qui montent la garde et que l'on peut lancer contre des agresseurs ? Le chien, tout comme le loup, autre canidé, chasse en meute.
Sans même parler des classes d'âge africaines, toutes les civilisations semblent avoir prévu et encadré par des rites et des appels à l'excellence la grégarité de l'adolescence des garçons. Même la Grèce antique les regroupait dans des chœurs et des équipes de gymnastes. La constitution de bandes « sauvages » que nous observons tant aux Etats-Unis qu'en Europe aujourd'hui témoigne d'un manque criant, celui de rites de passage entre l'enfance et l'âge adulte, d'initiations réelles que les adolescents pourraient reconnaître comme telles. Jusqu'à son abolition, le service militaire a joué ce rôle en France républicaine, bien que son institution ait répondu à de tout autres préoccupations, ce qui a d'ailleurs empêché de reconnaître officiellement son importance réelle. On pourrait gloser à l'infini sur les illusions idéologiques et les intérêts financiers à courte vue qui nous ont amenés là. Il me semble surtout urgent de combler ce manque.

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Sunday, March 15, 2009

Naissance d'un mythe

Puisque ce n'est plus la saison et que je n'ai pas envie de donner dans le marronnier de printemps qui occupe deux de nos hebdomadaires, à savoir l'influence des « frangins » sur la politique française, il me semble temps de m'interroger sur le Père Noël. Pourquoi ce personnage né de la presse anglo-saxonne et de la publicité pour Coca-Cola est-il devenu une véritable figure mythique, le centre d'un mythe auquel personne ne « croit » à la façon d'un dogme mais que chacun alimente ne serait-ce que de caricatures ?
Prenons sa filiation avec saint Nicolas, évêque de Myre. Il ne s'agit que du légendaire tardif et purement occidental de ce saint homme, le conte des trois enfants dans le saloir, conte qui ne saurait guère remonter au delà des famines qui suivirent la Grande Peste. Mais c'est bien cette histoire qui justifie les cadeaux faits aux enfants, au moins les bonshommes de pain d'épices qui, eux aussi, suggèrent de dater cette coutume du XVe siècle. Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Lorraine, Allemagne, Autriche, Hongrie, Pologne, République Tchèque, Suisse et Croatie : le territoire de saint Nicolas s'identifie à celui du Saint-Empire Romain Germanique. Les reliques du saint évêque parvinrent en Francia Orientalis au Xe siècle mais ce n'est qu'au XIIe qu'il devint le protecteur des enfants et distributeur de friandises et plus tardivement encore qu'il se vit accompagner d'un personnage négatif, punitif, le Père Fouettard.
Avant de nous intéresser à la transformation tardive de ce couple hivernal dans les pays anglo-saxons, il convient de l'examiner plus avant. L'iconographie populaire de saint Nicolas le revêt d'une cape épiscopale rouge à parements d'or et d'une mitre de même couleur sur une aube blanche, couleurs qui perdureront dans le costume du Père Noël. Certains folkloristes ont pensé à une métamorphose d'Odin mais le vieux borgne porte un manteau bleu, de ce bleu profond du ciel qui s'assombrit avant la nuit tandis que S. Nicolas arbore les couleurs de l'aurore. A moins que ce ne soit du crépuscule. Le 6 décembre, on aurait pu songer à quelque puissance lumineuse des hautes latitudes, lorsque le jour se réduit à une aube suivie de crépuscule avant la nuit polaire. Mais le territoire que parcourt le saint évêque juché sur sa mule est plus au sud. Son accompagnateur, le Père Fouettard en Lorraine, porte en Autriche et en Bavière le nom de Krampus, crochet1, en Allemagne celui de Ruprecht ou Knechtruprecht2, en Alsace celui de Hans Trapp3, tandis qu'il devient Zwarte Piet, Pierre le noir, aux Pays-Bas où il porte visage noir et costume soit noir et blanc soit bigarré4 et Schmutzli, bouseux, dans les cantons suisses. Impossible de ne pas rapprocher Zwarte Piet de tous les récits hagiographiques où les démons apparaissent sous forme de petits hommes noirs, d' « Ethiopiens ». Traditionnellement, S. Nicolas apporte pains d'épice ou sucres d'orge, tandis que son compère n'offre dans son sac que charbon, cendres ou pommes de terre. Autant l'évêque symbolise l'abondance sans laquelle il n'est pas de friandises, autant son valet semble représenter la misère si ce n'est la famine. Pourtant, son fouet met une note d'espoir paradoxale : Zwarte Piet apparaît au moment où, dans le Frioul, les Benandanti vivent des rêves rituels de combat contre les sorciers stérilisant la nature qu'ils chassent en les fustigeant de branches de fenouil. On sait que les cas frioulans étudiés par Carlo Ginzburg ne sont que la partie émergée d'un iceberg beaucoup plus vaste et qui semble aussi s'être répandu au moins sur l'Europe centrale sinon sur l'ensemble du Saint-Empire. Ils opéraient aux Quatre Temps donc, pour la période qui nous intéresse, entre le troisième et le quatrième dimanches de l'Avent, donc aux alentours de la mi décembre. Nous sommes toujours dans la période préparatoire au solstice d'hiver, lorsque la nuit devient si pesante qu'il faut l'illuminer de fêtes et raviver la fécondité du monde.
Au début du XVIIe siècle, lorsque les Hollandais s'installèrent en Amérique du Nord et fondèrent la ville de Nieuw Amsterdam qui deviendrait New York en 1664 à l'arrivée des Anglais, les colons acclimatèrent leur folklore et saint Nicolas, Sinta Klaas, finit aussi par s'angliciser en Santa Claus. Lors de cette anglicisation, il perdit sa date de fête au profit du 24 décembre. En 1821, il allait perdre le dernier lien qui le rattachait au saint évêque de Myre et devenir Father Christmas, le Père Noël, dans un conte écrit par le pasteur Clément Clarke Moore dont on peut supposer qu'il n'appréciait pas ce résidu de papisme ! Il perdit aussi sa mule traditionnelle au profit d'un traîneau tiré par huit rennes. En 1860, le dessinateur Thomas Nast lui donna un costume rouge bordé de fourrure blanche, un long manteau remplaçant la chasuble liturgique puis en 1931, lors d'une publicité pour Coca-Cola, Haddon Sundblom le vêtait d'une tunique et d'un pantalon rouges inspirés du costume traditionnel des Inuits. En 1939 enfin, dans un conte de Robert L. May, les huit rennes deviennent neuf, attelage guidé par Rudolf au nez rouge lumineux. Notons au passage que ce renne lanterne (en attendant d'être simplement enrhumé) rappelle par son nom le valet Ruprecht5.
Et le mythe a pris corps. Avec sa fabrique de jouets où s'affairent les lutins au pôle Nord, le Père Noël a phagocyté Julenisse, le lutin des fermes norvégiennes qui portait les cadeaux aux enfants à l'approche de Jul, la fête solsticiale. Il faut dire que ce gnome changeur de forme en avait déjà tous les attributs, il suffisait de teindre son costume en rouge, ce qui fut fait en 1881. Lui même avait remplacé la chèvre de Jul, donneuse de présents plus traditionnelle et plus ambiguë puisque elle eut d'abord un rôle de croquemitaine, encore assumé au XVIIe siècle où les fermiers se déguisaient avec un masque et une peau de bouc pour effrayer leurs voisins, particulièrement les enfants. Ce n'est qu'au XIXe, encore le XIXe, qu'elle devint débonnaire et porteuse d'abondance.
Depuis le début de cet article, nous tournons autour d'une opposition abondance/famine où la fête propitiatoire vient nier ou euphémiser la nuit hivernale. Au solstice, selon ce que furent les moissons et les récoltes, les paysans savaient s'ils pourraient ou non passer l'hiver mais aussi qu'il fallait que la jeunesse le passe, sous peine de n'avoir plus d'avenir collectif. A la fin du XIXe siècle où la famine semble un spectre du passé, la fête change. Elle s'oppose toujours à la nuit et à l'ennui mais on éloigne la part d'ombre et Ruprecht le fouettard devient Rudolf le guide aux clochettes tintinnabulantes. Pourtant, derrière l'euphémisation du traîneau rempli de jouets et de sucreries, c'est peut-être encore la chasse gallerye qui parcourt les cieux obscurs. Au fond, le Père Noël n'a pris que parce qu'il se nourrit aux racines les plus profondes des mythes germaniques et, par delà, des cultes du néolithique dont nous ne connaissons plus que quelques figures comme le bouquetin, le loup ou le géant6.
Même euphémisé jusqu'à la niaiserie parfois, laquelle appelle la dérision, ce retour aux sources les plus archaïques ne laisse pas d'inquiéter comme un signe d'une angoisse collective latente plus profonde qu'on ne veut bien le dire. On ne fête jamais tant l'abondance que dans la sourde peur du manque. Le décor des illustrations de ce Noël païen, de ce Nouveau Soleil qui ne dépasse pas l'aurore, notons le, est passéiste. Ce ne sont que villages aux maisonnettes pimpantes, villages sans pauvres et sans ruines où toutes les cheminées fument, où tous les intérieurs respirent l'aisance cossue plutôt que le luxe. En d'autres termes, c'est le monde paysan idéalisé dont sont nostalgiques les adeptes de la décroissance, un monde qui déjà commençait de disparaître lorsque l'on imprimait les premières cartes de vœux.
Il reste que le Père Noël s'oppose de manière presque frontale au Noël chrétien. La hotte pleine de jouets exalte l'abondance quand on est censé fêter la naissance de l'enfant Dieu dans une grotte servant d'étable, couché sur la paille d'une mangeoire, pauvre parmi les pauvres au moins pour cette nuit. Aux esprits de la nature que sont les lutins répliquent les puissances célestes, les anges. Au thème du feu que rappelle, outre la couleur rouge de ses vêtements, le passage du Père Noël par la cheminée répond dans l'icône et le légendaire de la nativité celui de l'eau contenue dans une sorte de grande coupe où la sage-femme va baigner le nouveau-né. On peut penser que cette opposition traduit le caractère consumériste de notre temps mais allons plus loin. Les rites de fêtes et de cadeaux solsticiaux n'ont pas cessé avec la christianisation de l'Europe mais, dans la mesure où l'équilibre était gardé entre abondance et crainte de la pauvreté, récompense des efforts et sanction des abandons intérieurs, cette opposition frontale avec le Noël chrétien n'existait pas. Il s'agissait plutôt, plongeant aux mémoires archaïques, d'une sorte d'anticipation eschatologique de la fin des temps. Ce n'est qu'avec l'euphémisation systématique et la négation forcée de l'angoisse nocturne que cette opposition se fait jour. Elle devrait nous alerter. Le Père Noël déverse sa hotte de jouets sur les enfants mais on oublie le miracle de la naissance. C'est une abondance d'où la fertilité est exclue. Et, avec la fertilité, l'avenir ?

1.On reconnaîtra sa transposition dans le célèbre pirate qui capture les enfants dans le conte de Peter Pan.

2.Ruprecht, c'est le même nom que Robert ou Rupert, de Hrodberht (hrod = gloire + berht = brillant). On traduirait normalement par lumière de gloire, cf. le xvarnah iranien. Quant à knecht qui signifie valet, il faut l'entendre au sens médiéval de valet d'armes. Ce valet porte les mêmes attributs que l'évêque, comme s'ils étaient les deux faces d'un même être.

3.Il s'agirait du fantôme d'un seigneur réel nommé Hans von Trotha. mais on peut aussi penser à un dérivé du moyen-haut-allemand trappe, niais.

4.On a évoqué plusieurs explications évhéméristes à l'apparition du Père Fouettard au XVIe siècle, comme le souvenir d'un seigneur alsacien cruel, du siège de Metz par Charles-Quint brûlé en effigie, de serviteurs maures abandonnés sur place lors du retrait des Espagnols à l'indépendance des Pays-Bas. Ce ne sont bien entendu que des rationalisations après coup.

5.Rudolf vient de Hrod, gloire et de Wolf, loup. C'est donc un loup de lumière, avec la même ambiguïté que l'Apollon de Délos.

6.Voir la série d'articles que j'ai écrits en collaboration avec Pascal Pastor et publiés dans Liber Mirabilis, en particulier « Le genou gauche de l'initié ».


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Thursday, February 26, 2009

En douce France, on n'est plus à un scandale près...

Louis Dalmas, président de l'association Vérité et Justice et directeur du mensuel B.I. me prie de diffuser largement ce qui suit :

A la suite d’un concours organisé par la Société de l’amitié serbo-russe pour les enfants

serbes du Kosovo âgés de 7 à 14 ans, un album de 230 de leurs dessins, choisis parmi des

centaines de contributions, a été publié par le groupe de presse belgradois Vecernje Novosti.

Ces dessins sont particulièrement émouvants car ils ne représentent que bombardements,

incendies, pillages, enceintes de barbelés et armes en tous genres. La vision du monde d’une

génération entière traumatisée par la guerre et la haine ethnique.

Notre association “Vérité et Justice”, fondée en 2003, a sélectionné 50 de ces dessins et a

conçu le projet d’en faire une exposition destinée à sensibiliser le public français sur la

situation de ces enfants qui vivent dans de véritables ghettos, en butte aux exactions d’un

entourage décidé à effacer toute trace de présence serbe dans la région, et à leur procurer

quelques ressources supplémentaires dont ils ont grand besoin.

Nous avons été rejoints dans la réalisation de ce projet par l’association “Solidarité-Kosovo”

qui organise depuis des années des distributions de secours et de cadeaux aux enfants dans les

enclaves serbes du Kosovo, et en est à sa huitième mission sur le terrain.

Le projet d’exposition est donc, par sa nature même, exclusivement humanitaire et caritatif.

Par lettre du 13 janvier 2009, accompagnée du dossier complet à remplir, le Directeur général

de la mairie du XVIIe arrondissement de Paris, M. Pierre Bourriaud, nous a confirmé la

concession de la salle des fêtes de la mairie pour deux journées, les 20 et 21 février 2009, au

cours desquelles devaient avoir lieu :

1) le vendredi 20 après-midi et soir, le vernissage de l’exposition et deux comptes rendus

illustrés de projections des voyages caritatifs effectués sur place ;

2) le samedi 21 toute la journée, la signature de leurs ouvrages par treize auteurs, dont

des personnalités comme Me Roland Dumas ou Me Jacques Vergès.

Par la suite, Mme Joelle Racary, représentante de Mme le Maire Brigitte Kuster, nous a

indiqué que la mairie consentait à ce que l’exposition des dessins se tienne dans le hall du 1er

étage du 16 au 28 février 2009. Elle nous a autorisé officiellement à accrocher à l’entrée de la

mairie deux “kakemonos” (grandes affiches de 2 m 50 de haut et de 1 m de large) annonçant

cette exposition ; elle s’est engagée à mettre à la disposition du public des “flyers” (tracts)

reproduisant cette annonce et donnant le programme des deux journées de rencontres ; elle

nous a indiqué que l’accrochage des 50 dessins pouvait se faire dès le vendredi 13 février.

Tout cela a été réalisé comme prévu sous son contrôle et avec son accord.

Sur la foi de ces engagements, nous avons procédé de plus à des dépenses et entrepris une

importante campagne de promotion.

Dépenses. Nous avons fait reproduire les 51 dessins aux dimensions requises pour

l’exposition, nous les avons fait encadrer sous verre, nous avons fait imprimer le matériel

d’information (kakemonos, flyers, cartes postales, invitations, etc.), nous avons passé

commande des boissons et amuse-gueules pour le buffet du vernissage, nous nous sommes

assurés le travail d’un professionnel des relations publiques, etc.

Promotion. 2.500 journalistes ont été informés par e-mail de la tenue de l’exposition.

L’annonce a été reproduite sur de nombreux sites internet. Les 1.770 abonnés du journal B. I.

ont été avertis et un certain nombre d’entre eux projettent de venir de province pour visiter

l’exposition. 72 invitations individuelles ont été envoyées à des personnalités de la

diplomatie, de la politique ou des médias, parmi lesquelles les ambassadeurs de 36 pays. Les

flyers ont été distribués en différents endroits et déposés dans plusieurs librairies. Les éditeurs

des treize auteurs ont été prévenus, et les dispositions ont été prises pour la livraison des livres

le vendredi après-midi.

A la demande de Mme Racary, parlant au nom de Mme le Maire, nous avons supprimé deux

panneaux qui situaient l’exposition, au strict niveau des faits, dans le contexte historique et

actuel du Kosovo, un panneau de présentation de l’association “Vérité et Justice” qui ne

faisait que mentionner la publication des trois livres des éditions du Verjus, et un dessin

d’enfant représentant un soldat de la KFOR tenant en laisse la colombe de la paix. La raison

invoquée était que ces éléments “politisaient” la manifestation. En les supprimant, nous

avons prouvé notre accord avec le maintien de l’exposition au strict niveau caritatif.

Le 16 février, un coup de téléphone de Mme Racary nous annonçait que Mme Brigitte Kuster

interdisait l’exposition et exigeait le décrochage immédiat des dessins et le retrait des

annonces. Cette scandaleuse décision – aux conséquences extrêmement dommageables – a été

confirmée par une lettre officielle en date du 16 février. Elle témoigne du racisme antiserbe de

Mme le Maire du XVIIe arrondissement de Paris et de son mépris pour les souffrances que

cette exposition humanitaire s’efforçait de soulager


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Monday, December 22, 2008

A relayer abondamment

Je reçois un appel du professeur Yves Lignon que je relaie bien volontiers en rappelant qu'il s'agit d'études scientifiques.

VOYANCE

Enquête nationale sur la voyance.

Vous faites appel aux services d'une voyante, médium, cartomancienne, car ses prédictions vous semblent justes...

Faites nous part de vos témoignages.

Le GEEPP (Laboratoire de Parapsychologie de Toulouse) recueille ces témoignages dans le cadre de ses recherches.


Confidentialité totale assurée.

Tuesday, December 02, 2008

Notes de lecture

Rentrée fertile, cette année, sur le plan éditorial, pour certains de mes amis. Qu'ils me pardonnent de ne pas avoir rendu compte plus tôt de leurs ouvrages.

A tout seigneur, tout honneur. Louis Dalmas, directeur du mensuel B.I. (Balkans Infos) – voir les liens de ce blog – vient de publier une analyse critique à la fois intelligente et pleine d'humour de l'évolution de la presse française, réquisitoire implacable contre la bêtise, le conformisme, l'autocensure, l'abandon de l'investigation, bref la boboïde « pensée unique ». Il évite aigreur et pesanteur didactique qui sont souvent les deux mamelles de l'opposition radicale par l'intervention rythmique de deux charmantes et coquines soubrettes pipelettes, mesdames Sorladon et Mélamois que l'on imagine s'imprégner de philosophie politique du bout du plumeau, époussetant les concepts avec la porcelaine de Sèvres.
Pour donner à mes lecteurs un simple avant-goût en espérant qu'ils croqueront bientôt le livre à pleines dents, ouvrons le chapitre intitulé « Le devoir d'insolence » : « La conception du journalisme qui court en filigrane dans ce livre est celle d'un métier particulier, différent de tous les autres, en ce qu'il est à la fois intégré à la société (dont il mesure le degré de civilisation et garantit la santé), et asocial. Son essence est (ou devrait être) d'aiguillonner les institutions sans y appartenir, de décanter les conformismes en les refusant, de mettre en question les engrenages, sans en faire partie. Le vrai journaliste est forcément une sorte de marginal, parce qu'un vrai témoin ne peut être qu'en marge de son sujet : on ne voit bien qu'avec le recul du désengagement. L'information sans un brin d'anarchie n'est qu'une litanie de communiqués. »
Ce livre vient juste à l'heure, celle où les « Etats-Généraux » de la presse écrite, lancés le 2 octobre dernier par le président Sarkozy, qui réunissent patrons de presse, universitaires, parlementaires et membres d'ONG et préparent on ne sait quelles réformes se réunissent à huis clos alors que leurs débats devaient être retransmis par Public Sénat sur le site dédié http://www.etatsgenerauxdelapresseecrite.fr afin de « permettre des échanges plus libres entre les participants ». Comme c'est exactement l'argumentaire qui justifie le secret des réunions du Groupe de Bilderberg, on peut tout craindre. Plusieurs associations professionnelles ont d'ailleurs claqué la porte ou fait état publiquement de leurs réserves, dont Médiapart, le Forum des sociétés de journalistes et Freelens. Donc, à lire d'urgence :
Louis Dalmas, Le crépuscule des élites, préface de Roland Dumas suivie d'une lettre de Peter Handke, éditions Tatamis, 2008

Les éditions Xénia vers lesquelles on trouvera également un lien dans ce blog publient un document de première importance, l'œuvre complète de Théodore J. Kaczynski surnommé Unabomber par le FBI avant son arrestation. Il ne s'agit évidemment pas pour Slobodan Despot qui dirige ces éditions ni pour Patrick Barriot qui a réuni, traduit et préfacé ces textes de cautionner les actions terroristes de cet adversaire radical de la technologie moderne1 mais d'offrir au lecteur un document susceptible d'éclairer les fondements de certains courants de pensée très actuels.
Sans doute s'étonnera-t-on de me voir défendre et promouvoir cet ouvrage après mes critiques sans équivoque contre l'écologisme radical. Il est vrai que je ne partage pratiquement aucune des idées défendues par Unabomber. Toutefois, les questions éminemment dérangeantes qu'il soulève me semblent essentielles. Ne pas les entendre, ne pas leur apporter de réponse serait sans doute un remède pire que le mal car il est vrai que la société technologique actuelle est une culture massifiante et chosifiante dans laquelle les libertés individuelles ou locales sont réduites à la portion congrue. Kaczynski propose comme unique solution la régression technique – sans dire jusqu'où – avec destruction des supports écrits du savoir. Je crois pour ma part que le caractère latifundiaire2 et impérial de l'organisation sociale actuelle n'est qu'une étape et que l'on peut en sortir par le haut plutôt que par la régression même rebaptisée décroissance. Je pense aussi que la destruction des données scientifiques actuelles ne servirait à rien car ce qu'un homme a un jour découvert, un autre peut le redécouvrir. Y compris l'écriture et les mathématiques.
Rien ne nous assure que les techniques du futur favoriseront la production de masse comme le croit Kaczynski. L'alternance cyclique, dans l'histoire de l'agriculture, de domaines étendus de type latifundia et de la petite propriété paysanne suggère que les multinationales et les systèmes étatiques contraignants ne sont pas forcément le dernier mot de la technologie. En contrepoint, le roman de Neal Stephenson, L'âge de diamant3, ouvre quelques perspectives intéressantes. Mais au delà de mes réserves sur sa pensée, j'insiste : il faut lire les textes de Kaczynski, ne serait-ce que pour que nos choix de société se fassent en toute conscience.
J'ajouterai que, contrairement aux chantres de la décroissance qui nous la présentent comme une vieillesse heureuse et conviviale, Kaczynski ne donne pas dans l'angélisme des bisounours. Il choisit la vie « primitive » en pleine connaissance de ses défauts : plus d'heures de travail et plus pénible pour acquérir une subsistance parfois aléatoire, le sort des femmes loin de l'égalité ni de la parité et plus proche de l'esclavage ou du punching-ball. Je le remercie d'oser dire tout haut ce que chacun redoute tout bas en croisant les doigts.
Theodore J. Kaczynski, L'effondrement du système technologique, textes traduits et présentés par le Dr. Patrick Barriot, postface de David Skrbina, Xenia, Vevey, 2008.

Il est rare que l'on fasse une note sur un ouvrage acheté en rayon comme tout un chacun et j'avoue ne pas être une exception et préférer souvent parler de livres dont on m'a fait le service. Mais comme toutes les règles, celle-ci est faite pour être transgressée quand l'intérêt d'un ouvrage lu par hasard l'exige. Ainsi de celui que le journaliste Marc Mennessier consacre à l'instruction du procès AZF, très documenté, d'une rare honnêteté intellectuelle et particulièrement dérangeant, lui aussi. Si un journaliste s'est acquitté du devoir d'insolence dont parle Louis Dalmas, c'est bien lui, jusqu'à risquer un procès ainsi que quelques confrères dont la liberté de pensée agaçait le procureur toulousain bien résolu à faire payer Total, quitte à bâcler l'enquête. Je ne sais pas si l'hypothèse qu'il présente comme plausible est la bonne, il me semble qu'il faudrait interroger plus avant les anomalies électromagnétiques dont je sais de source sûre qu'elles ont affecté les ordinateurs jusqu'à Muret, à 20 km au sud de Toulouse. Mais ce livre est un des plus beaux exemples de journalisme d'investigation qu'il faut absolument lire avant que les « Etats Généraux » ne transforment les journalistes en simple communiquants.
Marc Mennessier, AZF, un silence d'Etat, Seuil, Paris, 2008.

1.Leur avertissement en début d'ouvrage est très clair : « En tant qu'éditeur de ce livre, nous condamnons sans ambiguïté les crimes de Theodore Kaczynski qui lui ont valu son emprisonnement à vie. Même si l'intérêt manifeste de ses écrits et de ses théories justifie la présente publication, rien ne peut justifier que l'on use du meurtre et de la violence pour répandre des idées. Nous tenons toutefois à appliquer, même dans ce cas précis, le droit imprescriptible à la liberté d'expression, ce qui est la mission d'un éditeur. »

2. J'étends le concept de latifundia aux domaines industriel et financier, le processus de fusion/acquisition étant du même ordre.

3. http://fr.wikipedia.org/wiki/L'%C3%82ge_de_diamant

Sunday, November 23, 2008

Z comme Helbronner et Bergier

Dans l'intéressant petit livre que Marc Saccardi consacre à Jacques Bergier (Amateur d'insolite et scribe de miracles : Jacques Bergier (1912-1978), éditions de L' Œil du Sphinx, Paris 2008), une citation me fait bondir et je regrette beaucoup que Saccardi ne l'ait pas reprise lors de sa conférence au colloque d'hommage à Bergier, le samedi 22 novembre, à la bibliothèque de Saint-Germain en Laye car j'aurais pu la relever et peut-être pu susciter un débat moins littéraire. Dans ce passage, Bergier commente ses travaux de recherches dans le laboratoire d'André Helbronner, dans les années 30 : « Ces expériences [consistaient] à volatiliser un fil métallique par une décharge électrique extrêmement puissante. Helbronner et moi-même avions constaté qu'il se produisait alors une transmutation des éléments. Nous avions fait en particulier de l'or à partir du tungstène et du bois, et du polonium à partir du bismuth et de l'hydrogène lourd1. » Bois est évidemment une corruption, erreur de dictée ou, plus probablement, de copie et il faut lire bore. Effectivement, le Bore, de nombre atomique 5, et le Tungstène, de nombre atomique 74, peuvent donner l'Or, 79, à condition d'avoir déclenché une réaction de fusion. En d'autres termes, à la recherche d'une source d'énergie basée sur la fusion nucléaire, Helbronner et Bergier ont monté l'ancêtre de la Z machine de Sandia et obtenu des effets que les Américains n'ont pas ou pas encore retrouvés, ou qu'ils considèrent comme un effet secondaire négligeable. Si la guerre n'avait pas interrompu les travaux de ce laboratoire ou si Bergier avait pu les reprendre après la libération, où en serions-nous aujourd'hui ?

Rappelons ce qu'est la Z machine. J'écrivais dans l'article Z comme Zorglub présent dans les archives de ce blog : La Z machine est à l’origine un générateur de rayons X par pincement magnétique d’un plasma obtenu en faisant passer un courant électrique de 20 millions d’ampères dans des fils de tungstène très fins. Ce plasma atteint quelques millions de degrés. J’ai sous les yeux un article de décembre 1999 ou janvier 2000, un autre communiqué de presse de Sandia, où ils se congratulaient d’avoir atteint les 1,6 millions de degrés, comparables aux éruptions solaires et très proches des températures de fusion. En remplaçant le tungstène par de l’acier afin d’obtenir des mesures spectroscopiques plus précises, ils ont fait un bond qualitatif autant que quantitatif totalement inattendu : une température de plasma plus chaude que les étoiles, plus d’énergie à la sortie qu’on n’en a envoyé à l’entrée, la température des ions toujours soutenue lorsque le plasma est immobilisé et supérieure à celle des électrons. Une énergie additionnelle imprévue se manifeste. Haines l’attribue à des micro-turbulences engendrées par le champ magnétique dans le plasma.

Un courant de 20 millions d'ampères, c'est exactement ce que décrit Bergier. Leur a-t-il manqué le pincement magnétique exact pour atteindre la fusion lithium-hydrogène et le générateur électrique de petite taille qu'ils espéraient mettre au point ? Comment se fait-il qu'ils aient obtenu des transmutations dont ne parlent pas les gens de Sandia, alors qu'elles sont prévisibles à de telles températures ?

Et surtout, on peut se demander pourquoi ces résultats n'ont pas été repris par les chercheurs alliés. On sait qu'il y eut de nombreuses recherches aux USA, en marge du Manhattan Project. Dont la trop célèbre Philadelphia Experiment que l'on dissimule encore derrière un mensonge diplomatique tellement gros qu'il ne trompera personne ayant quelques notions de physique puisqu'on oppose aux jeunes romantiques épris de téléportation cet argument massue qu'il y eut bien des recherches à la Navy en 1943, qu'Albert Einstein y fut effectivement mêlé mais qu'il s'agissait « simplement » d'obtenir pour les navires une furtivité radar, pas une invisibilité visuelle. Le jeune romantique repartira déçu sans poser d'autres questions, espèrent-ils. Mais moi qui ne suis pas un jeune romantique, j'en pose une. Comment donc obtenir une furtivité radar dans l'eau ? Alors qu'on sait que l'humidité de l'air peut suffire à annuler la furtivité d'un F117 ? Réponse, non pas technique mais théorique : il faut disperser les ondes radar en amont du bateau, donc utiliser un champ électromagnétique ad hoc. Tonton, pourquoi tu tousses ?

J'ajoute que j'ignore totalement si la série d'expériences a eu des effets secondaires aussi spectaculaires que ceux que rapporte le soi-disant Allende dans ses annotations du bouquin de Morris K. Jessup et que la chaise de Montauk me donne surtout envie d'éclater de rire, sauf si j'analyse ce corpus comme un mythe en voie d'émergence ou quelque réminiscence des romans de Van Vogt. Cette affaire montre surtout que les efforts militaires de recherche ne se sont pas limités à la mise au point de la bombe A et qu'il y aurait eu place pour la proto-Z machine d'Helbronner et Bergier. Plus d'un demi-siècle perdu, sans parler d'un génie gâché. Quelle pitié !


1Jacques Bergier, La grande conspiration russo-américaine, Albin-Michel, Paris, 1978, p.99