Thursday, December 29, 2005

Qui a perdu sa langue ?

Génial ! Je viens de regarder les commentaires inscrits sur mon blog. En dehors de quelques spams en anglais, juste un anglophone qui m'envoie son journal...
Alors, les copains qui me lisent et disent ici et là (sur mon e-mail par exemple) qu'ils sont intéressés, qu'ils auraient à dire, etc., ont-ils perdu leur langue, ou leur plume?

Un peu en retard :

JOYEUX NOEL à tous

Et un peu en avance:

BONNE ANNEE 2006 !

3 comments:

annonce188 said...
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annonce188 said...
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Alexandre M said...

Bonjour,

A propos de ICPTP (1 à 6) :

Je pense que pour être « impertinentes », vos contributions n'en sont pas moins essentielles à tous ceux qui aujourd'hui envisagent sincèrement la question spirituelle, au-delà même d'une hypothétique « Tradition Primordiale » - que vous avez d'ailleurs bien relativisée.

Vous semblez appartenir à cette constellation de chercheurs qui ont foi en l'approche transdisciplinaire tout en évitant les écueils de l'éclectisme comme du syncrétisme (l'un et l'autre ne font qu'ajouter à l'impression de dilution et de confusion caractéristiques de notre période).

C'est ainsi que le vaste élan de votre texte nous fait passer à travers le prisme de couleurs successives (conceptions du temps, états de conscience, genèse du mythe)... mais pour mieux nous amener à la lumière finale de l'interrogation métaphysique - qui n'est pas pour autant une lumière blanche homogène, ni évidemment la fin de nos investigations ! Je trouve cela remarquable.

Un autre aspect qui m'a surpris est la convergence avec certaines de mes conclusions personnelles, formulées différemment et sans votre « background » universitaire ni vos expériences d'un ordre plus « initiatique ». Quelques jours avant de découvrir votre blog, j'écrivais par exemple :

« La croyance en une synthèse possible des 3 régimes est illusoire : les syncrétismes actuels ne manifestent qu'un degré d'association lâche où la substance propre de chaque régime est en fin de compte oubliée ou dégradée.
L'erreur actuelle est de penser que le dialogue des religions peut permettre de dégager, à terme, une métaphysique commune. Pour certains ésotérismes, comme celui de Guénon, cette position commune est à rechercher dans la « Tradition ». Pourtant je suis persuadé qu'une approche sincère et continue de la question montrera le caractère irréductible de certains modes spéculatifs et opératifs – gages d'une expérience spirituelle toujours renouvelée ».

Passons sur le sens que j'attache à l'expression « 3 régimes », mais pous pouvez imaginer l'impression que votre texte a pu produire sur moi : ce que je croyais mon jardin secret ne devient finalement que la dépendance d'un domaine plus vaste que le mien ! (est-ce ce même sentiment qui perce derrière le « Bonjour! » inaugural de votre blog ?).

Vous ayant communiqué cette première impression, je ne m'attarderai pas aujourd'hui sur le contenu général de votre apport – il me manque un peu de recul pour cela.

J'ai cependant quelques questions ou remarques (en vrac, j'en suis désolé, et vous me pardonnerez le ton un peu inquisitorial):

-Connaissez-vous ou avez-vous des relations avec le CIRET (Centre Internationale de Recherches et Etudes Transdisciplinaires, Paris), que j'ai fréquenté quelque temps ?

-Connaissez-vous les travaux de la musicologue Mireille Vial-Henninger (« Essai de mythe-analyse du processus de création musicale », thèse de doctorat de musicologie) ?

-Etes-vous au fait des recherches du préhistorien Jacques Cauvin, et notamment son ouvrage « Naissance des divinités, Naissance de l'agriculture », où il révèle, archéologie à l 'appui, que cette naissance se fait chronologiquement suivant l'énoncé du titre : c'est ainsi que le néolithique se caractérise selon lui par un « changement cognitif » engendrant une nouvelle forme d'économie de subsistance et de relation au monde (et non l'inverse)...

Sur le texte même:

-Que désignez-vous par langues « asianiques » (5/p.7) ? Je connais un peu la thèse dite « nostratique » d'une origine commune, dans le Croissant fertile, des groupes linguistiques indo-européen / afro-asiatique (anciennement appelé chamito-sémitique) / élamo-dravidien / et, pour certains, ouralo-altaïque... Mais j'ai du mal à resituer la famille « asianique » dans ce contexte.

-Au coeur des quatre « noyaux métaphysiques » que vous distinguez (qu'on peut éventuellement réduire à trois, si j'ai bien saisi), où situez vous les grands « polythéismes » indo-européens et du Proche-Orient Ancien ? Peut-on vraiment les associer à l'idée de Dieu Suprême, comme vous semblez le faire (5/p.1) : « Nous laisserons de côté la foule des panthéons... » A cette échelle, on peut tout autant opiner pour l'option moniste impersonnelle ou dualiste...

Enfin une dernière remarque qui me vient. Vous est-il arrivé d'appuyer vos recherches sur des expressions graphiques ou schématiques ? Pris dans un certain sens le schéma peut être réducteur, dépendant qu'il est de l'intelligence rationnelle et hypothético-déductive, et pourtant... Si on parle de trois conceptions du temps (par exemple), si on parle de quatre noyaux métaphysiques (ou plus, ou moins...), on aurait envie de les voir, et pas seulement de les lire ; de sentir leur interpénétration / exclusion / convergence sur la surface blanche du papier ou de l'écran. Si je vous dis cela, c'est qu'en tant qu'architecte, scénographe (et plasticien à mes heures), je pense que l'image si galvaudée de nos jours n'en reste pas moins le contenant d'une expérience universelle (mais je ne vous apprends rien !).

Encore merci pour votre texte très profond et tous mes encouragements pour la suite.