Wednesday, August 13, 2014

Réflexions sur la soucoupe volante





Encore une vieille lettre gardée pour en tirer un article. Eh bien, c’est fait, et en dix ans il n’a pas pris une ride, juste une ou deux corrections à apporter parce que la science a continué sa route.
Premier point : que sait-on de sérieux sur la soucoupe volante, depuis celle de grand papa (je veux dire Kenneth Arnold) jusqu’à nos jours si l’on écarte les deux mythologies dominantes, celle de l’ET et celle du tout psychosociologique ? Trois choses, qui reviennent en permanence et traversent tous les folklores : c’est lumineux, il n’y a pas d’effet sonore ou alors de type bourdonnement/sifflement à la limite d’audition humaine, tous les effets physiques qui ont pu être décrits ou parfois mesurés sont de type électromagnétique. Ces trois effets sont cohérents avec une hypothèse de champ électromagnétique (em). Voir à ce propos les conclusions du projet Magnet (1950-1954) et celles de Bounias sur Trans-en-Provence en évitant de leur faire dire autre chose que ce qu’ils disent.
Second point : le cerveau est une superbe machine em. On en avait un indice depuis Galvani, on s’en doutait depuis la fin du XIXe siècle, on le savait depuis les expérimentations de la fin du XIXe siècle puis les premiers EEG des années 50, mais la mode intellectuelle et le poids de gens comme Changeux l’ont fait oublier au bénéfice de la version chimique de son activité. Les militaires n’ont jamais cessé de s’y intéresser mais avec de gros sabots, uniquement dans le but de le perturber gravement. Actuellement, les chercheurs civils sont en train de comprendre qu’il est sensible à d’infimes variations des champs environnants. Merci pour Yves Rocard qui l’avait déjà mis en évidence il y a quarante ans. Conclusion : un phénomène em, peut-être assez intense pour bousiller les luzernes de Trans en Provence, a forcément un effet sur le cerveau des êtres vivants, homme compris. Pas seulement sur le cerveau, d’ailleurs. La sensibilité aux champs magnétiques semble une composante essentielle du vivant. Et quand je parle de sensibilité, il ne s’agit pas que de perception, il s’agit d’en être affecté en profondeur.
Troisième point : Une planète comme la Terre, porteuse de vie, est aussi une superbe machine em. En dehors de la rotation autour du soleil, effet de la gravitation, pratiquement tout ce qui s’y passe à l’échelle macroscopique, des climats aux séismes et aux cycles écologiques, de la couche d’ozone aux ceintures de Van Allen, a quelque chose à voir avec l’électromagnétisme, directement ou indirectement. Et l’on sait que le champ terrestre est complexe, qu’il évolue dans le temps. On sait que sporadiquement, ses pôles s’inversent. Or, il y aurait deux remarques à faire en étudiant la courbe des inversions telle qu’on a pu la reconstituer. Primo, il y a eu au moins deux périodes très longues (plusieurs millions d’années) durant lesquelles les pôles n’ont pas bougé. Lorsque, ensuite, se produit une inversion, elle coïncide avec une extinction massive d’espèces vivantes et donc le renouvellement de tout l’écosystème. Deuzio, l’espèce humaine a peut-être déjà connu une de ces inversions ; pas l’homme moderne mais celui qu’il est convenu d’appeler prénéandertalien, depuis qu’on s’est aperçu que les beaux classements darwiniens des paléontologues ne collaient pas avec les études génétiques.
Quatrième point : Depuis les travaux de Tesla et malgré son échec commercial, on n’a pas cessé de s’intéresser à la maîtrise de ces champs. Le projet HAARP n’est que la pointe actuelle de l’iceberg. Les risques sont immenses, mais les potentialités aussi. Les militaires cherchent un moyen de rendre des populations entières, censément hostiles, plus cruches. Rien n’empêcherait de jouer sur les mêmes méthodes pour augmenter les performances de l’espèce.
Cinquième point : le champ magnétique terrestre n’est pas isolé dans l’espace. Il est englobé dans le vent solaire et dans une sorte de danse énergétique entre au moins Soleil et Jupiter, avec leur pulsation fondamentale de 11 ans et des broutes. Au delà, on ne sait pas, car nos bons astrophysiciens n’ont pas encore cartographié l’univers de ce point de vue : on sait ce qui se passe aux abords de points singuliers comme les trous noirs, ou dans ces protogalaxies que seraient les quasars, mais c’est à peu près tout. Et comme on n’a pas encore de théorie grand unifiée qui tienne la route pour faire le lien entre électromagnétisme et gravitation, on se contente de lister et d’étudier les objets exotiques qu’a révélés le télescope spatial.
Sixième point : l’histoire. L’évolution de l’univers, du vivant et des connaissances humaines peut se placer sur la même courbe globalement exponentielle, une exponentielle d’ailleurs très serrée, à la limite d’une factorielle (non seulement ça va de plus en plus vite, mais de manière vertigineuse). Le paradoxe, c’est qu’une activité libre comme l’invention humaine s’inscrive au bout du compte sur une courbe qui régit entre autres la naissance des étoiles. Mais peut-être faut-il prendre en compte la réception sociale de l’invention. Les Eléates avaient tout entre les mains pour inventer le calcul différentiel et intégral, c’est évident quand on relit Zénon, et ils s’intéressaient au mouvement, fût-ce pour le nier. Bref, Copernic et Newton auraient été parfaitement concevables dans la Grèce présocratique. La confiture n’a pas pris. Pourquoi ? J’ai longtemps pensé que c’était faute d’un formalisme mathématique, d’un langage en a, b, c, x, y, +,-,= et ( ). J’avais tort. Les Grecs ne l’utilisaient pas pour écrire leurs traités mais ils faisaient leurs calculs avec un formalisme de ce type. De plus, leur mythologie ne divinise pas sérieusement les astres : Zeus et Héra n’arrêtent pas de placer des mortels parmi les étoiles, ce qui est très bien pour des fables mnémotechniques de marins mais ne risque pas d’empêcher un philosophe d’étudier le mouvement des planètes.
Septième point : l’histoire, comme lieu d’incarnation de la pensée mythique, le plus souvent inconsciente. Un exemple : le consensus lors de la première guerre du Golfe. Personne n’était dupe, sauver le Koweït signifiait surtout contrôler le pétrole. Mais il y avait dans ce consensus et son immédiateté quelque chose de plus irrationnel que la simple propagande ne l’aurait permis. Mais c’est P. G. qui m’a fait remarquer que cela correspondait exactement à l’une des prophéties du Livre de Daniel telle qu’on la trouve dans les Bibles protestantes : « Un bouc venait de l’occident en rasant toute la surface de la terre sans la toucher… il frappa le bélier et lui brisa les deux cornes, sans que le bélier eût la force de lui résister, il le jeta par terre et le piétina et il n’y eut personne pour délivrer le bélier de son pouvoir. » (Daniel 8, tout le chapitre est à relire) Comme ensuite la corne du bouc se brise et se transforme en 4 cornes, tous les exégètes voient dans ce passage les conquêtes d’Alexandre et la formation des royaumes hellénistiques. Il n’empêche que c’est devenu comme un modèle mythique inconscient de la politique menée environ 2300 ans plus tard — or il est question de 2300 soirs et matins dans cette prophétie. Cela ne valide pas forcément Daniel, mais ça montre comment fonctionne l’inconscient collectif. On en trouverait d’autres exemples, lors d’événements majeurs.
Huitième point : la patrouille du temps. On ne peut envisager un voyage spatial purement spatial, il y a forcément une composante temporelle. Je me suis demandé comment un historien pourrait mettre en évidence un tripatouillage de l’histoire par des acteurs temporels, puisque nous savons qu’aucun Superman ne s’est présenté es qualités à des témoins crédibles comme Pline le Jeune ou Louis XIV ! Une piste ténue : les répétitions convergentes. La théorie mathématique du chaos, ou les systèmes dissipatifs de Prigogine : un tourbillon se forme et s’entretient. Ouais, mais dans une rivière, pour qu’il demeure dans le paysage, il faut qu’une pierre divise le flot. Cherchons les tourbillons un peu trop stables, ils suggèrent la présence d’une pierre ou de son équivalent. J’en ai au moins repéré un, qui dure depuis le Xe siècle : par six fois, l’union de la France et de l’Angleterre a été souhaitée, préparée, et empêchée au dernier moment, sauvant ainsi la langue et la culture anglaises ; et par 11 fois, ce qui n’est pas rien, l’implantation ou la prééminence française sur ce qui allait devenir les USA a été ratée. Cela fait beaucoup d’événements pour entretenir le tourbillon qui prépare depuis Charles le Chauve l’hégémonie américaine actuelle et peut-être future. Et l’ennui, c’est qu’il y a au moins une irruption paranormale impossible à cacher dans cette affaire : Jeanne d’Arc. Atypique parmi les héros politiques et atypique parmi les saints, ce qui fait beaucoup pour une seule donzelle. J’en avais beaucoup discuté avec Aimé Michel qui faisait la même lecture que moi : les Anglais devraient élever des statues à Jeanne, elle a sauvé leur langue et leur culture. Mais à ce moment, je n’avais pas encore vu, et lui non plus, que 17 événements répartis sur un millénaire concouraient à alimenter le tourbillon. C’est d’autant plus frappant que ces 17 ratages se sont le plus souvent produites contre le souhait des acteurs ou d’une grande partie des acteurs.
Il y a d’autres événements où la volonté des acteurs semble submergée par une situation devenue incontrôlable. En général, on peut  repérer qu’un ou plusieurs mythes sont à l’œuvre, comme dans le cas de la guerre du Golfe. Mais impossible ici et, plus étrange, le mythe de Jeanne d’Arc a été bâti à l’inverse de la portée réelle des événements, comme un masque (Jeanne a sauvé l’indépendance française — faux, elle a sauvé l’indépendance anglaise ; Jeanne a seulement obéi aux voix célestes — ouais, alors pourquoi sa venue était-elle préparée depuis deux ans par des prophéties de circonstance ? Etc.).
Le problème, c’est que j’ai démontré l’existence d’un tourbillon, d’une structure téléonomique pour le dire en langage acceptable par la Sorbonne, mais si ce tourbillon suggère une pierre cachée dans le courant, je n’ai aucune idée de la nature réelle de cette pierre. C’est le même problème que Vallée avec son système de contrôle. C’est vrai que le rythme des vagues d’OVNI ressemble à celui d’un apprentissage comportementaliste et même à la courbe d’activité d’un thermostat. On peut supposer que quelque chose est à l’œuvre sur une échelle temporelle assez vaste mais quoi, pourquoi et à quelle échelle ?
Neuvième point : l’une des performances recherchées avec le programme HAARP, c’est la possibilité de moduler des ondes à ultimes basses fréquences de manière à ce que le cerveau serve de récepteur radio. En d’autres termes, des populations entières pourraient entendre des voix dans leur tête. Les militaires qui pensent en termes de guerre classique, peuple contre peuple, voient là un moyen de propagande ou d’affaiblissement d’une armée (difficile de piloter un jet en entendant des voix qui te donnent des consignes stupides, par exemple celle de te crasher sur ton propre aérodrome), mais on pourrait aussi cibler un récepteur unique ou un tout petit groupe de récepteurs. Pour l’instant, on ignore si le principe pourrait fonctionner aussi pour créer une « télévision cérébrale » ou l’immersion dans une réalité virtuelle poly-sensorielle.  Disons que le futur de cette technologie rejoint étrangement des événements du passé, par exemple les voix de Jeanne.
Dixième point : les cartes marines anachroniques. On ne parle plus beaucoup de Piri Reis en ce moment, ni des travaux de Hapgood sur d’autres portulans du XVe siècle manifestement copies de copies… d’originaux assez antiques pour que les tracés des côtes représentent exactement la terre telle qu’elle était vers –11 000 à –9000, à la sortie de la dernière glaciation, à l’aube du néolithique. C’est à dire à une période où, malgré toute l’explosion culturelle qu’elle représente, on ne possédait ni satellite ni avion ni montgolfière, ni appareil photo, ni même chronomètre de précision pour le calcul de la longitude. Or les portulans étudiés par Hapgood, une fois retrouvée leur grille de projection, sont sur de larges portions aussi exacts en latitude/longitude que nos actuelles cartes marines, et se mettent à dérailler dans d’autres zones, comme si le modèle exact manquait ou comme si l’adaptation de deux fragments à la même échelle avait rencontré des difficultés. C’est sans doute plus rassurant de passer les travaux de Hapgood aux oubliettes, le problème qu’on ne voit pas et le livre qu’on ne réédite pas n’empêchent pas de dormir. Mais rien n’est résolu.
Onzième point : Pourquoi l’Australie a-t-elle été évitée des navigateurs tant asiatiques qu’européens depuis le paléolithique jusqu’au XIXe siècle, alors que le détroit de Torrès qui la sépare de la Nouvelle Guinée fait moins de 200 km, avec deux îles s’il est besoin d’étapes, et que les pirogues mélanésiennes permettent de naviguer sur plusieurs milliers de km ? Pourquoi sa faune marsupiale n’a-t-elle pas eu de concurrence alors que le plateau continental est tel qu’aux époques de niveau de la mer plus bas qu’aujourd’hui, toutes ces îles étaient d’un seul tenant, en particulier Australie et nouvelle Guinée — laquelle n’a plus de marsupiaux ? Les hommes sont passés, sinon pas d’aborigènes. Pas les animaux, pratiquement pas les plantes. Pourquoi ? S’il y avait un interdit implicite (puisqu’on n’en a pas trouvé, à ma connaissance, d’explicites dans les cultures régionales), qu’est-ce qui le maintenait ? Qu’est-ce qui a rendu une terre aussi grande quasiment invisible alors que les Portugais au XVIe siècle puis les Français, les Anglais et les Hollandais au XVIIIe cartographiaient le moindre bout de caillou du genre Galapagos ?
Les éléments ne s’emboîtent pas encore de manière cohérente et toutes les pièces du puzzle ne sont pas encore sur la table mais on devine un paysage possible. Le moins qu’on puisse en dire, c’est qu’il semble plus exotique que ne le voudrait la frilosité intellectuelle de notre temps.

3 comments:

Marc Martial said...

Bonjour,

"les Anglais devraient élever des statues à Jeanne, elle a sauvé leur langue et leur culture".

Ce n'est pas la première fois que vous abordez ce thème d'une Jeanne d'Arc sauveuse de l'Angleterre.
Veuillez pardonner mon ignorance, mais je ne vois pas bien ce qui vous amène à penser ceci.Pourriez-vous développer, svp?
Cordialement

Marc Martial said...

Bonjour,
vous écrivez: "les Anglais devraient élever des statues à Jeanne, elle a sauvé leur langue et leur culture".
Ce n'est pas la première fois que vous abordez ce thème d'une Jeanne sauveuse de l'Angleterre.
Veuillez pardonner mon ignorance -ou ma stupidité-, mais j'ai du mal à comprendre ce qui peut vous amener à penser ceci. Pourriez-vous développer cette idée svp?

Cordialement

Geneviève Béduneau said...

Je développerai dans un prochain message.